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Sensibiliser les habitants de logements verticaux sociaux et privés à la prévention des déchets ?

En Région wallonne, une approche innovante vers un public nouveau ...

lundi 4 juin 2007, par Sophie Marguliew

En Région wallonne, 17 % de la population habite un appartement situé dans un immeuble de plus de 10 logements et 7% de la population occupe un logement locatif social ; 68% de la population est propriétaire de son logement.

Partant de ce constat, il a paru intéressant de tester et de développer une démarche proactive en matière de sensibilisation à la prévention des déchets pour le public occupant les immeubles verticaux (17%).

Deux types de publics peuvent être directement distingués :

- locataires ou propriétaires occupant des logements verticaux à caractère privé ;
- locataires occupant des logements sociaux verticaux.

L’axe prioritaire de travail est celui de la participation citoyenne dans le cadre d’une démarche globale de sensibilisation à la prévention des déchets ménagers. Le contact direct avec les locataires et propriétaires est donc privilégié afin d’optimaliser le contenu des messages.
Le recours aux relais préexistants est la base du travail, tout en favorisant la créativité et la mise en réseau des différents acteurs.

L’objectif de cette démarche méthodologique est de définir des actions de terrain les mieux adaptées aux profils étudiés, et de la transférer par la suite aux autres partenaires de REDUCE.

[*Préalable incontournable : la capitalisation des bonnes pratiques*]

Il existe des expériences intéressantes en Belgique et en Europe qui ont inspiré les partenaires de REDUCE dans le développement de leur méthode d’approche.
Parmi celles-ci, on peut en retenir deux :

- La campagne de l’association « Logements pour tous » (Bruxelles) visait les locataires d’une agence immobilière sociale et de structures de logement de transit.
Les thèmes abordés allaient de l’entretien du logement à la lutte contre les imprimés publicitaires.
La communication était axée sur les aspects « environnement-santé-économie ».
De nombreux outils ont été utilisés (fiches d’information, démonstration de produits, colis-cadeaux composé de flacons de nettoyage multi-usages, de torchons, etc. ). Des réunions de locataires ont favorisé les échanges d’idées, ainsi qu’une information et un suivi individuels. Une enquête d’évaluation en face-à-face a été réalisée en début et en fin de projet.

- Fost Plus (socitété Point Vert belge) a également mené une campagne de sensibilisation au tri auprès de 1.000 immeubles de la région de Bruxelles-Capitale, en utilisant les relais existants au sein des immeubles (concierges,…).
Les outils utilisés étaient :
- affiches dans les ascenseurs ;
- autocollants sur les conteneurs ;
- diffusion du guide du tri ;
- organisation d’un concours pour le meilleur aménagement d’un local de tri.

[*Obtenir le soutien des autorités locales*]
Un faisceau d’actions de proximité auprès des locataires nécessite, pour son bon déroulement, le soutien des autorités communales et intercommunales.
Celles-ci sont approchées dès le début de la campagne. Un courrier leur est ainsi envoyé, afin de les informer du souhait de travailler sur leur territoire.
Les porteurs de projet rencontrent ensuite les différents élus des autorités communales et intercommunales pour leur présenter le projet et définir des pistes de collaboration.

[*Dresser la carte des acteurs*]
En préparation aux actions de terrain, il est utile de dresser la carte des acteurs impliqués dans le monde du logement social et privé.
Une fiche signalétique exhaustive est donc réalisée pour chaque site test. Celle-ci définit les fonctions et coordonnées de tous les acteurs susceptibles de collaborer efficacement à la campagne.
L’activation et la coordination de tous ces acteurs engendrera une dynamique essentielle au développement du projet.
La fiche signalétique met également en évidence le profil socio-économique des locataires (répartition par sexe, par activité, par origine culturelle…). Ces données sont disponibles auprès des Directions de logements sociaux.
Pour les logements à caractères privés, ces données ne sont pas disponibles.

Exemple d’une liste d’acteurs (structures existantes en Belgique) :

- Direction de la société de logements ;
- Agent de la prévention des déchets ;
- Responsable de la régie de quartier ;
- Stagiaires de la régie de quartier ;
- Concierge ;
- Commission consultative des locataires et des propriétaires ;
- Conseil de gérance ;
- Société immobilière de gérance ;
- Assistants sociaux ;
- Société régionale de logements ;
- Animateurs de rue ;
- Plan fédéral pour les grandes villes ;
- Agents des contrats de sécurité ;
- Administration communale ;
- Eco-conseiller en commune ;
- Intercommunale…

[*Définir les actions de terrain*]
Diverses actions de proximité sont envisageables.
Les réalités de terrain déterminent les priorités et la faisabilité des actions.

Voici quelques pistes que les partenaires de REDUCE ont cherché à explorer :

1. [*Création, formation et encadrement d’un groupe de « guides de la prévention »*] qui sera le relais de la campagne au sein de la société de logements.
Ce groupe est composé de locataires bénévoles qui désirent investir du temps pour diffuser, auprès des autres locataires, des messages en matière de prévention des déchets. Ces bénévoles peuvent être recrutés via l’activation des acteurs préalablement définis (ex : stagiaires de la régie de quartier, courrier ciblé…).

2. [*Rencontre des locataires en porte-à-porte*] pour diffuser les messages en face-à-face. Une alternative est l’organisation d’animations à l’entrée des immeubles.

3. [*Création d’un bulletin de liaison*] (mensuel) présentant un conseil en matière de prévention de déchets, agrémenté de l’expérience personnelle d’un locataire sur le sujet (interview et photo du témoin). Cette fiche est envoyée à chaque locataire et placée dans les communs. L’objectif est de favoriser l’échange d’expériences entre locataires, dans un esprit de renforcement des liens sociaux au sein de l’immeuble.

[*Dynamiser un réseau d’acteurs – relais*]
En parallèle à la recherche d’actions spécifiques, un faisceau de collaborations doit être mis en place afin de renforcer la dynamique.
En fonction de la carte des acteurs définie au préalable, il est important de recourir au maximum à ces partenaires susceptibles de jouer un rôle dans la campagne. Un grand nombre d’actions pourront ainsi être organisées grâce à ces acteurs-relais.

Voici une liste non exhaustive des actions qui pourraient être organisées grâce à la dynamisation de partenaires liés directement ou indirectement à la société de logements :

- Envoi de courriers aux locataires par la Direction ;
- Participation aux festivités locales (stand d’animation) ;
- Participation aux réunions plénières organisées par la Direction ;
- Affichage (affiches, présentoirs…) dans les halls d’entrée d’immeubles ;
- Organisation de conférences - débats pour les locataires, les membres du personnel ou la régie de quartier ;
- Rencontres individuelles pour discuter sur base des outils didactiques ;
- Organisation de visites de magasin pour les locataires, les membres de la C.C.L.P., les stagiaires de la régie de quartier…
- Création d’outils pédagogiques en collaboration avec les relais ;
- Piste de collaboration avec les médiateurs sociaux ;
- Piste de collaboration avec le personnel de la société de logements ;
- Evaluation par le concierge de la production de déchets de l’immeuble.

[*Sélectionner des sites pilotes*]
Ces actions peuvent être menées sur l’ensemble d’une zone (par exemple, la diffusion d’une lettre d’information) et ainsi créer un "bruit de fond" autour de la prévention des déchets.
D’autres actions sont limitées dans un premier temps à des sites pilotes, afin de déterminer leur degré d’efficacité et de les adapter à la situation locale.

2Critères de sélection des zones de travail2

Quatre territoires pilotes ont été sélectionnés, principalement pour des raisons de proximité :

- la région de Charleroi (où sont basés les partenaires belges),
- Liège,
- Dinant,
- Marche-en-Famenne.

Sur chaque territoire, des logements sociaux et/ou privés ont été choisis.

L’I.C.D.I. étant un partenaire actif de REDUCE, des sites pilotes ont d’abord été identifiés sur le territoire de Charleroi. En fonction de ces choix, les autres sites correspondants en taille et type de population ont été identifiés.

Le choix des logements tests repose sur des critères objectifs :

- production de déchets élevée dans la commune ;
- problème d’insalubrité dans la cité ;
- changement de fiscalité des déchets ;
- demande de la part de la Direction de logements de mettre en place ;
- une structure de dialogue entre les locataires sur le thème de la prévention des déchets ;
- dynamisme des structures en place (C.C.L.P., régie de quartier).

Ainsi sur la région de Charleroi, 5 sites pilotes pour le logement social, et un sixième servant de témoin (pas d’actions menées) ont été sélectionnés. Un logement privé de petite taille fait également partie du test.

A Liège et Dinant des logements sociaux ont été approchés ; un logement privé a été désigné à Marche-en-Famenne.

Les résultats de cette actions seront bientôt disponibles en ligne.

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